SUPLINKS

Payer des recruteurs pour "jouer" sur Facebook

Globalement, on paye désormais les professionnels du recrutement pour jouer sur Facebook et linkedin !

 

Sur cette remarque, un peu provocatrice,  j’en conviens,  de la part d’un de mes clients, m’est apparue clairement la perception que pouvaient avoir les dirigeants exerçant un  métier bien différent du seul recrutement et de la gestion des ressources humaines, à propos de l’engouement croissant suscité par les réseaux sociaux et leur utilisation professionnelle.

 

Bon nombre de professionnels du recrutement recommandent aux candidats d’être très présents sur les réseaux. Or, animer utilement et efficacement un compte Linkedin, Viadeo, Facebook, Twitter, désormais Pïnterest et bientôt Chill est consommateur de temps. On se pose fréquemment la question du ROI pour les recruteurs, mais qu’en est-il des candidats ? Loin de prouver leurs compétences dans leurs domaines d’expertises, ne prouveraient-ils pas plutôt que leur aisance se réduit à la communication ? La question que l’on pourrait se poser est la suivante : « ne vaudrait-il pas mieux pour un gérant d’actifs par exemple, de passer du temps à se former sur la réglementation afférente à son domaine d’activité plutôt que de construire efficacement sa visibilité sur Facebook ?. La perception, dans mon secteur d’activité du moins (finance), est que la surexposition semble s'avérer pour le moment contre-productive.

 

Certes, nous conviendrons aisément tous ensembles qu’il y a une utilité sectorielle des réseaux sociaux. La présence indispensable pour les métiers de la communication, du marketing, du web, voire des fonctions commerciales est une évidence. Quelque part, en agissant sur les réseaux
sociaux, les salariés de ces secteurs se forment eux-mêmes. La plupart du temps de manière ludique si l’on en croit les intéressés eux-mêmes, créant un sentiment de "travail-bien être". Ainsi, pour un chef d’entreprise souhaitant embaucher un directeur marketing, il pourra apprécier le soin graphique apporté aux profils, l’équilibre entre le message et la forme, l’ingéniosité, la cohérence, voire l’inventivité dans l’exposé des contenus. Il n’en est pas de même pour d’autres professions. Pour un gérant d’actifs, un avocat, un notaire, un expert-comptable, la présence sur les réseaux sociaux n’est plus perçue comme un aspect positif, bien au contraire, car son cœur de métier ne va pas en bénéficier directement. Le constat est que les dirigeants de ces professions vont associer à leurs collaborateurs trop enclins à faire usage des réseaux sociaux, des traits de caractères, et non plus des compétences. Qui, de la volonté de « médiatisation », qui de la volonté de reconnaissance, qui parfois, de la mégalomanie.  Pire, la proactivité « réseau-sociale » sera perçue comme une nuisance au travail dans la mesure où l’on soupçonnera que le suivi de tous les comptes ne peut se faire uniquement sur les temps libres, mais également sur les temps de travail.

 

Dans le même état d’esprit, la mauvaise image (manque de sérieux, manque de suivi, manque d’éthique professionnelle, valeur ajoutée faible) des cabinets de recrutement et des chasseurs de têtes français (dans la finance au moins) pourrait risquer de se trouver renforcer. En effet, alors qu’une large majorité des dirigeants de sociétés financières indépendantes et entrepreneuriales que nous adressons dans le cadre du projet SUPLINKS estime déjà payer des factures indues au vu de la faiblesse de la création de valeur engendrée, l’image risque de se détériorer encore plus lorsqu’un cabinet va expliquer à un client qu’il va faire du sourcing sur Facebook et Linkedin… Une réflexion m’a ainsi été rapportée il y a peu sur le fait que l’on se fichait éperdument du fait que le candidat préfère les Rollings Stones aux Beatles, la Bretagne au Cap Ferret, ou the Artist à Intouchables… Seule comptait l’expérience, et finalement le dirigeant a redirigé ses recherches (et a finalisé seul) vers le triptyque, « quelles études, quelles expériences, quelles société ? », selon l’approche classique (hélas !) très française… Une autre réflexion m’a également été faite, allant dans ce sens : « Nous avions déjà l’impression de nous faire avoir sur les taux de facturation, si en plus maintenant, plutôt que de prendre la peine de lire des CV, de téléphoner, et de prendre des références, ils préfèrent jouer des heures sur Facebook, ils ne devront plus compter sur moi pour régler leurs temps de jeux ! ». J'imagine en souriant les visages désolés de ceux qui ne conçoivent plus leur métier comme cela depuis déjà lontemps...

 

Ainsi que je le rappelais dans mon billet précédent, l’acceptation des réseaux sociaux comme usage professionnel sera plus lent dans certains secteurs, mais ils y viendront finalement contraints tant par les grands acteurs du secteur, que par les concurrents les plus dynamiques. A aujourd’hui, il me semble cependant que la multiplication de la présence et de l’exposition ne joue pas en faveur des candidats de ces professions où le secret et la confidentialité sont de mises. Ils sont regardés avec méfiance et n’attisent pas la convoitise. Imaginons un collaborateur comptable faisant un CV-vidéo humoristique et décalé…. Ce serait le meilleur moyen de réduire son spectre de possibilités d’embauche ! Le professionnel de la communication pris en photo "grammé" en boite de nuit, cela fait « pro », pour le comptable, cela décrédibilise.... (il sera bon cependant, de vérifier au préalable que notre comptable ne compte pas la boîte de nuit parmi ses clients et si ce jour là il ne réalisait pas un inventaire...)

 

Reste à savoir pour combien de temps encore.

 

Car, malgré tout, être capable d’être un bon communicant est aussi important, voire primordial pour un cadre, quel que soit son secteur. Il doit exposer la stratégie de manière claire précise et compréhensive, et fédérer ses équipes autour du projet d’entreprise. Il doit expliquer son travail de manière claire, communicante, efficace et commerciale à son client. A ce titre, le réseau social est un moyen peut être de prendre confiance en soi et d’affirmer et soutenir des idées via des blogs ou des réseaux sociaux, où n’existe plus la confrontation « physique » directe avec des détracteurs qui pourraient, eux, posséder une communication efficace innée (tout le monde n’est pas charismatique de manière naturelle après tout !). L'usage du réseau social, permet de s’affirmer, prendre confiance en soi et prépare au grand bain… Voir comment sont acceptées ses idées sur un forum permettra de prendre en assurance pour les exposer en réunion. Sur cet aspect, les réseaux sociaux auront leur utilité qui dépasse le pur aspect sectoriel…

 

J. Nessi

Fondateur de SUPLINKS

suplinks.com



24/02/2012
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