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Pourquoi la finance ne se sert-elle pas plus des réseaux sociaux ?

Alors que des grands groupes réfléchissent de manière active à l'exploitation des réseaux sociaux, aujourd'hui essentiellement sur les aspects recrutement, marketing, commerciaux et communication, les petites structures s'avèrent incapables de prendre la mesure de la puissance de ces outils (qui ne sont déjà plus nouveaux).

 

Dans la finance où l'essentiel des sociétés compte moins de 50 salariés, il en va de même. Si la
Société Générale, BNP Paribas, Crédit Agricole pour ne citer que celles-ci ont toutes activé des cellules se préoccupant de leur image sur les réseaux sociaux, les sociétés de gestion, de brokerage, les family offices ou fonds d'investissements semblent concevoir que leur aspect BtoB les dispense de se pencher sur les voies nouvelles à exploiter.

 

Or, il est indéniable que si l'on prend le cas du recrutement par exemple, l'aspect marque employeur et sourcing sont aujourd'hui directement à gérer aussi au travers des réseaux sociaux. Si l'on cite Twitter qui est un formidable outil de viralité, très peu de société de gestion ou d'investissement  sont présentes. On recense des individus mais peu d'entités. Leur apparition commence timidement à se faire sur les pages entreprises proposées par Facebook, Linkedin et Twitter (par effet de mimétisme par rapport aux grands groupes plus que par réelle stratégie réfléchie) alors que toutes devraient déjà avoir leur page entreprise...

 

Cela est d'autant plus surprenant au moment où les sociétés d'investissement sont confrontées à un
double effet de ciseau : d'un côté des  marchés très difficiles et un accroissement de l'offre, rendent la création de valeur (ou dans le cas de ces métiers, de performance) de plus en plus complexe pour le client final. De l'autre, des coûts de compliance qui s'accroissent de plus en plus, sur une fonction
administrative ne créant pas directement de valeur (mais pouvant éviter d'en détruire).

 

Pourquoi alors tant de frilosité à utiliser des outils qui permettent de diffuser largement sa communication, et permettent de réduire l'effet de ciseau en accroissant l'impact marketing (et par ricochet commercial) tout en réduisant les coûts ?

 

Je pense que l'une des premières raisons à retenir est le manque de connaissance des réseaux
sociaux. Les dirigeants de sociétés financières ne perçoivent pas encore l'intérêt de ces outils. Certes, ils constatent le travers addictif qu'il observent chez leurs enfants mais ne transposent pas
encore l'utilisation dans la vie professionnelle. Une bonne communication de ses produits et de ses services sur twitter et linkedin voire facebook pourrait correspondre aujourd'hui en audience à ce que l'on aurait pu obtenir en publicité télévisée dans les années 80, en étant cependant encore plus ciblé.

 

Une seconde réponse serait que cette méconnaissance semble engendrer un temps d'utilisation
disproportionné eu égard au retour sur investissement attendu, qui plus est, bien souvent immédiatement attendu : l'analogie à l'instantanéité du marché financier n'est jamais très loin.

 

La troisième explication pourrait être trouvée dans l'aspect confidentiel de certains métiers. L'idée que se qui est mis sur les réseaux sociaux perd tout caractère de confidentialité est réelle. Mais ne pas chercher à savoir ce qui est dit sur l'entreprise (e-reputation) est une erreur : mésestimer les réseaux sociaux, les forums, les blogs est une erreur. Dès qu'une trace existe sur internet, elle reste, il n'existe pas de moyen de l'effacer, tout au plus de la repousser assez loin dans les résultats, encore faut-il le savoir et faire le nécessaire (c'est à dire rajouter du contenu).

 

Enfin la peur d'être les premiers à expérimenter. Assez paradoxal pour des métiers dont le risque est le fonds de commerce ! N'ayons pas la mémoire courte... Il en a été de même pour les emails, les sites internets de sociétés. Au départ cela n'avait pas d'usage professionnel (les emails) et ne servait à rien (les sites internet). Il en est de même pour la présence sur les réseaux sociaux. Alors que la finance est un des secteurs les plus dynamiques, il est dommage de voir qu'elle a du mal à réagir et s'habituer à l'usage de ces nouveaux outils. Or comme bien souvent, les premiers en place bénéficieront le plus des dividendes à percevoir !

 

Jérôme Nessi

Fondateur SUPLINKS

Plateforme de recrutement pour les professionnels de la finance

www.suplinks.com

 



18/03/2012
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