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Réseaux sociaux ? Pas dans ma PME, merci !

Réseaux sociaux ?
Pas dans ma PME, merci !

 

En ayant lancé un projet de site à destination des sociétés financières, je savais que l'essentiel de
ma population de prospects était constitué de sociétés de moins de 50 personnes et que la force de conviction serait primordiale.  A titre d'exemple pour ceux qui ne connaissent pas le secteur, l'une
des plus importantes sociétés de gestions d'actifs financiers indépendante en Europe est française, s'appelle CARMIGNAC GESTION et gère environ 45 milliards d'euros. Et cette société ne compte que 130 personnes, réparties dans plusieurs pays européens ! Nous sommes donc bien loin des grands groupes bancaires avec leurs milliers de salariés, pour lesquels il faut prévoir une politique
RH. Dans toutes les petites sociétés, on ne parle que très rarement des 35h, des conciergeries, des avantages du CE.... Il n'y a pas à proprement parler de fonctions marketing (souvent le
dirigeant), de fonctions communication (encore le dirigeant) ou de politique RH.

 

Sur des secteurs tels que la communication, le marketing ou le web, l'utilisation et l'apport des
réseaux sociaux n'est plus à prouver... Sur d'autres secteurs, en revanche, ils sont encore observés avec une grande méfiance, en raison même de l'absence d'utilisation. Je pense à la finance, les
métiers du chiffre et du droit, les professions de la santé pour ne citer que ces trois là en exemple... Dès qu'il y a une logique de confidentialité implicite aux métiers, les dirigeants, mais également les collaborateurs de ces sociétés, se ferment d'eux mêmes, ou du moins ne sont pas enclins à faire le premier pas vers les nouveaux vecteurs de la communication et semblent transposer d'eux-mêmes les règles de confidentialité de leurs métiers.

 

A partir de ce constat, comment entrevoir que tout l'intérêt de ces moyens de communication puisse
commencer à créer une nouvelle donne, tant dans la relation RH que dans la relation commerciale ou marketing ? Et pourtant, il me semble, qu'au milieu des années 90, lors de l'avènement d'internet, il en avait été de même... A l'époque (94-95), intéressé par les « nouvelles technologies » (de l'époque), j'avais une adresse email (grâce à un excellent modem 28,8 kbts/s de
compétition et un abonnement AOL!) avec, hélas, aucune possibilité de contacter des relations professionnelles qui y étaient réfractaires, ou dont les entreprises ne décelaient pas encore la
capacité d'apport au travail. Mes seules contacts étaient donc hors professionnels (des techs, des personnes évoluant dans le marketing et la com'). Qui aujourd'hui pourrait se passer d'email ? A
l'époque le mail était vu comme un moyen plus simple que d'écrire une lettre dans le domaine privé, mais pas forcément professionnel. On ne pouvait pas forcément y inclure de logos, on ne connaissait
pas encore la valeur juridique d'un tel document... Entre 94 et 98, le monde du travail (dans la finance du moins) a subi une évolution ultra rapide et tout le monde s'est progressivement équipé car l'utilisation devenait indispensable : les banques envoyaient désormais la recherche sur les actions par email, bien moins couteux que le fax qu'elles utilisaient précédemment. Elles ont aussi
contraint leurs clients et partenaires à s'équiper au fur et à mesure que les volumes de données qu'elles souhaitaient véhiculer évoluaient en iimportance.

 

Si je fais ce parallèle aujourd'hui, c'est pour souligner l'importance que vont avoir les grandes
entreprises dans le déploiement plus rapide des réseaux sociaux... Les sociétés de moins de 50 personnes ne disposent souvent pas de RH ou de responsable du recrutement... Fréquemment, il s'agit du DAF, du DG voire du PDG qui recrute directement, quand il ne s'agit pas de la secrétaire qui fait le sourcing et le suivi. Voir des grandes banques, de grands cabinets d'avocats commencer à mettre en place des RSE et à communiquer à l'exterieur via Linkedin, Viadeo ou Twitter est un formidable espoir pour que le réseau social puisse enfin s'étendre au monde des TPE et PME de manière plus naturelle. Aujourd'hui, certains prospects me disent : « j'ai un compte « linekeudinne », mais je n'y vais jamais.. Je n'en ai pas encore compris l'intérêt ». Et pourtant, par
curiosité ils en ont créé un... de même sur Twitter. Il y a donc désormais un frémissement d'intérêt, et le deuxième étage de la fusée ne devrait pas tarder à être allumé !

 

Le réseau social ne s'est pas encore imposé comme naturel au sein des PME, mais je reste intimement convaincu qu'avec l'attrait et tout l'intérêt qu'y trouvent les grands groupes, et les idées nouvelles qu'ils vont également générer, le déploiement va se faire aussi ultra rapidement dans
les 2 ou trois ans à venir. Seul pierre d'achoppement, la multiplication des réseaux sociaux : aujourd'hui tout le monde semble émerveillé à la naissance de chaque réseau social. Cela me
rappelle également la « folie internet » jusqu'en 2000-2002, ou dès que l'on créait une société « SCHMURZ.com », les sociétés de capitaux risqueurs vous ouvraient leur portefeuille
avec le sourire et en vous suppliant de les laisser investir, quelque fut la viabilité du business model ! Ce temps est bien fini pour les capitaux risqueurs ! De façon analogique, je
pense qu'il ne va rester qu'un faible nombre et beaucoup de cadavres dans l'univers des réseaux sociaux. Je ne partage pas, par exemple, encore l'engouement pour Pinterest ou 4square dans une
approche professionnelle. Par méconnaissance probablement. Mais il est clair que notre vision des contacts professionnels va rapidement évoluer, probablement vers un point que nous ignorons probablement encore...



19/02/2012
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